Art de consommation?

Il y a quelques jours, j’ai été amené à lire un essai de Benjamin WalterL’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique.

Pour résumer, c’est une œuvre qui aborde l’évolution de l’art et la vision du spectateur à l’égard de cet art à une époque où les techniques de reproductibilité sont très rependues.
Selon Benjamin, ce qui faisait la nature d’une œuvre d’art était son aura, sa valeur culturelle, son hic et nunc (« Ici et maintenant »). Grâce à la reproductibilité, et notamment avec la photographie et le cinéma, l’art se démocratise et perd de sa valeur culturelle au profit de valeurs sociales et politiques.

Je trouve ce texte intéressant en ce qu’il soulève un aspect important de l’art dans notre société actuelle, à savoir l’art en tant que produit de consommation.
Aujourd’hui, l’art touche de nombreux domaines: Le cinéma, la musique, la photo, la peinture, le jeu vidéo…
De plus, l’évolution de la technologie et des logiciels informatiques permettent maintenant à n’importe quel amateur ou professionnel de produire une œuvre d’art, qu’elle soit « bonne » ou « mauvaise ». J’utilise volontairement le terme « produire » pour insister sur l’idée que nous sommes dans une société qui privilégie la production de masse, au détriment de la qualité de l’œuvre. En tout cas, c’est mon ressenti personnel.

Au cinéma par exemple, lorsqu’un film a du succès, on veut toujours produire une suite, puis une suite à la suite, etc. La motivation est ici le désir de produire un maximum pour générer plus d’argent, ce qui amène à des suites parfois moins bonnes que l’original. Ce phénomène est le même dans le milieu du jeu vidéo, où de nombreuses entreprises choisissent aujourd’hui de développer leurs jeux en vitesse pour générer de l’argent, là où dans le passé, elles prenaient le temps de réaliser des jeux de qualité.

Dans le milieu de la musique, c’est encore pire. De nombreuses maisons de disques misent sur la quantité de musiques produites pour se faire connaître. Je pense notamment au milieu de la musique électronique (que je fréquente beaucoup), où l’on peut trouver énormément de chaînes Youtube dédiées à la production de musique électronique. L’accessibilité logicielle à la composition musicale laisse en effet place à un très grand nombre d’artistes et donne lieu à une concurrence rude.
Une concurrence qui justement est probablement à l’origine de ce désir de produire toujours plus et toujours plus vite, afin de dépasser ses concurrents.

Au fil du temps, les techniques de production deviennent de plus en plus accessibles, si bien que le spectateur se retrouve noyé dans un flot continu d’œuvres d’art, ne pouvant avoir l’œil sur tout. Ce phénomène de production massive se retrouve chez le spectateur en ce que nous sommes bien plus dans la consommation de l’oeuvre que dans sa contemplation.
Là où avant, nous pouvions prendre le temps de voir, de re-voir et de re-revoir un film, par attachement profond pour le film en question (je pense notamment à tous ces Disney que nous avons vu des tas de fois dans notre enfance) ou pour en analyser tous les aspects, aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus dans une attitude de consommation, où l’on regarde un film pour se divertir, ou par notre obsession à vouloir voir tous les films du monde, puis on enchaîne avec un autre film, puis encore un autre, et ainsi de suite…

C’est en cela que je comprends la vision de Benjamin, en ce que l’aura d’une oeuvre d’art se perd un peu au profit de la production et de la consommation de masse.

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